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Le jeune homme ouvrit tranquillement des
yeux d'un bleu clair que beaucoup lui avaient décrit
(croyant toujours être le premier) comme "glacier", puis s'étira
langoureusement et se dégagea lentement du corps immobile qui pesait sur son
ventre. Il glissa hors du lit et s'étira encore, comme un chat, juste pour le
plaisir de sentir son corps détendu et repu de sensualité lui répondre au
millimètre près. Ses lèvres pleines se courbèrent en un grand sourire
satisfait que personne ne vit, adressé de toute façon uniquement à lui-même,
et d'un pas souple il se mit en quête de ses vêtements disséminés un peu
partout dans la pièce, au petit bonheur la chance . - Ma tunique... Ah, sous le lit ! Mes
chaussures... chacune dans un coin différent, évidemment... Nan, Il se rhabilla tranquillement, ne
provoquant pas un bruit qui pourrait réveiller quiconque dormait encore dans la
pièce, mais sans chercher volontairement à faire dans la discrétion. Il s'en
fichait pas mal, après tout, de réveiller un client . Mais de toute façon c'était
sans risque excessif ; il savait bien qu'au niveau d'épuisement où il menait
invariablement quiconque avait le bonheur (ou malheur, des fois, c'était dur à
dire), de ... traiter avec lui, même un tremblement de terre ne risquait pas de
briser le sommeil réparateur indispensable. Pff, personne n'avait plus de résistance
de ces jours... Il épuisait toujours ses partenaires avant qu'eux-mêmes
n'aient réussi ne serait-ce qu'à le faire légèrement transpirer de fatigue.
Ça en devenait un peu lassant, il n'avait rien le temps de faire avant qu'on
lui demande grâce ! Il rit tout seul en se rendant compte
qu'il sonnait comme un enfant gâté, un rire bas et sensuel qui fit remuer la
femme sur le lit dans son sommeil. Une petite moue... Adorable. Pour un peu il
serait retourné la rejoindre. Pour un gros peu quand même. Dommage qu'il ait déjà reçu de cette
femme tout ce qu'il avait pu en recevoir, en plaisir comme en... autres nécessités...
Il haussa les épaules en vérifiant que
la bourse qu'elle lui avait donnée pendait bien à sa ceinture
(il ne lui avait rien demandé, mais après tout, on ne refuse pas les
cadeaux, et il avait quand même besoin de goûter de temps en temps autre chose
que ses partenaires) et dut chasser de son nez une mèche d'ébène vagabonde
qui le chatouillait. - Zut, mes cheveux... Après une recherche un peu inquiète
dans les tas de vêtements qui couvraient le sol, il trouva finalement ce qu'il
avait perdu. Il ramassa l'anneau d'or qui lui servait à attacher les longues mèches
lisses et les noua en sa haute queue de cheval coutumière, dégageant sa nuque.
Le 'clic' audible de l'anneau d'or résonna suffisamment fort pour que la jeune
femme ouvre finalement les yeux. La scène devant ses yeux ne prit pas
tout de suite sens, mais dès qu'elle comprit qu'il partait, elle en fut entièrement
réveillée, immédiatement. - Tu t'en vas? Pourquoi ?! demanda-t-elle
avec une trace d'incrédulité et de panique dans sa voix. Pourquoi ? Quelle question ! Et pourquoi
pas, hein ? Il rit tout doucement, gentiment. Il ne voulait pas se moquer,
mais... On lui faisait ce coup si souvent... Difficile de ne pas trouver ça
amusant. D'un pas félin, il s'approcha du lit,
chassa une mèche bouclée d'une des joues rondes de la femme. - Tant que ça a duré, c'était intéressant,
ma belle ... Mais c'est fini maintenant. Je pars... - Mais pourquoi tu dois partir? Il rectifia, gentiment, mais fermement. - Je ne dois pas; je veux. - Mais... Il la fit taire d'un doigt sur les lèvres.
Elle ne comprenait pas; peu comprenaient, peu avaient la largeur d'esprit nécessaire.
- Tu te souviens de ce que je t'ai dit au
bar, là où nous nous sommes rencontrés?
C'est un échange de bons procédés entre adultes responsables et indépendants...
J'ai apprécié cette nuit, mais elle est finie. Je m'en vais. - Et si moi je veux que tu restes ?!
cria-t-elle, des larmes aux yeux. Son regard bleu se durcit, devint froid
comme le glacier dont il avait la couleur. Mais rien d'autre ne changea dans
l'expression de son visage, l'expression d'une brève affection lointaine et
empreinte de condescendance amusée. - Je suis libre. Je fais ce que je veux
et rien d'autre. N'essaye pas de m'attacher... Je te jure que tu le
regretterais. Il n'avait pas bougé un muscle, pas
changé son expression d'un millimètre. Mais elle tressauta quand même, fouettée
par la dureté qui avait empreint les derniers mots. Toute la nuit, elle n'avait vu dans le
jeune homme que du velours, sourires pleins de charme et ondes de séduction
irradiant de lui même quand il semblait ne pas y penser; il venait de lui faire
entrevoir l'acier. - Adieu madame, lâcha-t-il très
civilement en faisant demi-tour. Vous transmettrez mes amitiés à monsieur
quand il se sera réveillé, ajouta-t-il en désignant le deuxième occupant du
matelas . Vous m'excuserez de ne pas l'attendre mais j'ai une vie à vivre. Il jeta sa cape sur ses épaules et
ouvrit la porte en grand. - Non!! Dans le couloir, il se demanda un instant
ce qu'il allait faire. C'était presque midi... Se payer à manger...?
Faire durer son argent pouvait être intéressant, pensa-t-il un bref
instant, mais il était fait pour vivre au jour le jour et économiser n'était
pas dans sa nature ... N'empêche que c'était plus amusant de trouver quelqu'un
pour l'inviter à manger que de se payer un truc tout seul. C'était décidé, il allait trouver
quelqu'un avec qui manger, et se promener un peu. Si le soir il n'avait
personne, il irait faire un tour à l'un des bars de la ville... Il fallait
qu'il dise au revoir aux quelques amis qu'il s'était fait parmi ses collègues,
de toute façon, il avait prévu de rester un peu plus longtemps, mais cette
ville ... comment dire... l'emmerdait ferme. Plus de coincés qu'ailleurs, pour
sûr! Il en avait assez que la moitié ou presque de ses conquêtes et clients
n'arrivent pas à assimiler que baiser ne veut pas dire marier. Oui, c'était décidé, il s'emmerdait
trop. S'il ne trouvait rien à faire dans le jour même qui présente un minimum
de challenge et de nouveauté, il irait voir ailleurs. Ça ne pouvait pas être
pire qu'ici. Une fenêtre s'ouvrit au dessus de lui
alors qu'il était dans la rue. La femme avait dû réveiller son mari[1]
pour lui faire part de son désarroi ... Il était à sa fenêtre, encore torse
nu. - Attends!!! Il ne se retourna pas. Quelle plaie ces
bourgeois ... Il comprenait qu'il représentait une nouveauté inattendue dans
leur petite vie terne mais il n'était pas disposé à sacrifier sa propre quête
de nouveauté pour leur confort personnel. - Reiyel !! Attends !!! Maintenant, où aller en premier... Oui,
la Cage aux Folles, ce serait bien. - REIYEL !!! [ Mission 1-a ] [ Portraits ] [ Mission 1-b ] [1]
Asuka : vivi, il était avec la femme ET le mari ce soir là... Reiyel
: Je suis un sex symbol |