La Guilde

Side-Story :  Du côté de Reiyel

Par Asuka

 

Ceci est un chapitre de la mission un peu a part concernant  uniquement Reiyel... A lire si vous voulez connaître un peu mieux l'animal...

 

Reiyel (Asuka)


Le jeune homme ouvrit tranquillement des yeux d'un bleu clair que beaucoup lui avaient décrit  (croyant toujours être le premier) comme "glacier", puis s'étira langoureusement et se dégagea lentement du corps immobile qui pesait sur son ventre. Il glissa hors du lit et s'étira encore, comme un chat, juste pour le plaisir de sentir son corps détendu et repu de sensualité lui répondre au millimètre près. Ses lèvres pleines se courbèrent en un grand sourire satisfait que personne ne vit, adressé de toute façon uniquement à lui-même, et d'un pas souple il se mit en quête de ses vêtements disséminés un peu partout dans la pièce, au petit bonheur la chance .

- Ma tunique... Ah, sous le lit ! Mes chaussures... chacune dans un coin différent, évidemment... Nan, ça c'est pas à moi... Mon pantalon... Rhâ, zut, déchiré... M'apprendra à ne pas mesurer l'enthousiasme de mes partenaires plus précisément... Pas grave, ça me fait de l'aération !

Il se rhabilla tranquillement, ne provoquant pas un bruit qui pourrait réveiller quiconque dormait encore dans la pièce, mais sans chercher volontairement à faire dans la discrétion. Il s'en fichait pas mal, après tout, de réveiller un client . Mais de toute façon c'était sans risque excessif ; il savait bien qu'au niveau d'épuisement où il menait invariablement quiconque avait le bonheur (ou malheur, des fois, c'était dur à dire), de ... traiter avec lui, même un tremblement de terre ne risquait pas de briser le sommeil réparateur indispensable. Pff, personne n'avait plus de résistance de ces jours... Il épuisait toujours ses partenaires avant qu'eux-mêmes n'aient réussi ne serait-ce qu'à le faire légèrement transpirer de fatigue. Ça en devenait un peu lassant, il n'avait rien le temps de faire avant qu'on lui demande grâce !

Il rit tout seul en se rendant compte qu'il sonnait comme un enfant gâté, un rire bas et sensuel qui fit remuer la femme sur le lit dans son sommeil. Une petite moue... Adorable. Pour un peu il serait retourné la rejoindre.

Pour un gros peu quand même.

Dommage qu'il ait déjà reçu de cette femme tout ce qu'il avait pu en recevoir, en plaisir comme en... autres nécessités...

Il haussa les épaules en vérifiant que la bourse qu'elle lui avait donnée pendait bien à sa ceinture  (il ne lui avait rien demandé, mais après tout, on ne refuse pas les cadeaux, et il avait quand même besoin de goûter de temps en temps autre chose que ses partenaires) et dut chasser de son nez une mèche d'ébène vagabonde qui le chatouillait.

- Zut, mes cheveux...

Après une recherche un peu inquiète dans les tas de vêtements qui couvraient le sol, il trouva finalement ce qu'il avait perdu. Il ramassa l'anneau d'or qui lui servait à attacher les longues mèches lisses et les noua en sa haute queue de cheval coutumière, dégageant sa nuque. Le 'clic' audible de l'anneau d'or résonna suffisamment fort pour que la jeune femme ouvre finalement les yeux.

La scène devant ses yeux ne prit pas tout de suite sens, mais dès qu'elle comprit qu'il partait, elle en fut entièrement réveillée, immédiatement.

- Tu t'en vas? Pourquoi ?! demanda-t-elle avec une trace d'incrédulité et de panique dans sa voix.  

Pourquoi ? Quelle question ! Et pourquoi pas, hein ? Il rit tout doucement, gentiment. Il ne voulait pas se moquer, mais... On lui faisait ce coup si souvent... Difficile de ne pas trouver ça amusant.

D'un pas félin, il s'approcha du lit, chassa une mèche bouclée d'une des joues rondes de la femme.

- Tant que ça a duré, c'était intéressant, ma belle ... Mais c'est fini maintenant. Je pars...

- Mais pourquoi tu dois partir?

Il rectifia, gentiment, mais fermement.

- Je ne dois pas; je veux.

- Mais...

Il la fit taire d'un doigt sur les lèvres. Elle ne comprenait pas; peu comprenaient, peu avaient la largeur d'esprit nécessaire.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit au bar, là où nous nous sommes rencontrés?  C'est un échange de bons procédés entre adultes responsables et indépendants... J'ai apprécié cette nuit, mais elle est finie. Je m'en vais.

- Et si moi je veux que tu restes ?! cria-t-elle, des larmes aux yeux.  

Son regard bleu se durcit, devint froid comme le glacier dont il avait la couleur. Mais rien d'autre ne changea dans l'expression de son visage, l'expression d'une brève affection lointaine et empreinte de condescendance amusée.

- Je suis libre. Je fais ce que je veux et rien d'autre. N'essaye pas de m'attacher... Je te jure que tu le regretterais.

Il n'avait pas bougé un muscle, pas changé son expression d'un millimètre. Mais elle tressauta quand même, fouettée par la dureté qui avait empreint les derniers mots.

Toute la nuit, elle n'avait vu dans le jeune homme que du velours, sourires pleins de charme et ondes de séduction irradiant de lui même quand il semblait ne pas y penser; il venait de lui faire entrevoir l'acier.

- Adieu madame, lâcha-t-il très civilement en faisant demi-tour. Vous transmettrez mes amitiés à monsieur quand il se sera réveillé, ajouta-t-il en désignant le deuxième occupant du matelas . Vous m'excuserez de ne pas l'attendre mais j'ai une vie à vivre.

Il jeta sa cape sur ses épaules et ouvrit la porte en grand.

- Non!!  

Dans le couloir, il se demanda un instant ce qu'il allait faire. C'était presque midi... Se payer à manger...?  Faire durer son argent pouvait être intéressant, pensa-t-il un bref instant, mais il était fait pour vivre au jour le jour et économiser n'était pas dans sa nature ... N'empêche que c'était plus amusant de trouver quelqu'un pour l'inviter à manger que de se payer un truc tout seul.

C'était décidé, il allait trouver quelqu'un avec qui manger, et se promener un peu. Si le soir il n'avait personne, il irait faire un tour à l'un des bars de la ville... Il fallait qu'il dise au revoir aux quelques amis qu'il s'était fait parmi ses collègues, de toute façon, il avait prévu de rester un peu plus longtemps, mais cette ville ... comment dire... l'emmerdait ferme. Plus de coincés qu'ailleurs, pour sûr! Il en avait assez que la moitié ou presque de ses conquêtes et clients n'arrivent pas à assimiler que baiser ne veut pas dire marier.

Oui, c'était décidé, il s'emmerdait trop. S'il ne trouvait rien à faire dans le jour même qui présente un minimum de challenge et de nouveauté, il irait voir ailleurs. Ça ne pouvait pas être pire qu'ici.

Une fenêtre s'ouvrit au dessus de lui alors qu'il était dans la rue. La femme avait dû réveiller son mari[1] pour lui faire part de son désarroi ... Il était à sa fenêtre, encore torse nu.

- Attends!!!

Il ne se retourna pas. Quelle plaie ces bourgeois ... Il comprenait qu'il représentait une nouveauté inattendue dans leur petite vie terne mais il n'était pas disposé à sacrifier sa propre quête de nouveauté pour leur confort personnel.

- Reiyel !! Attends !!!

Maintenant, où aller en premier... Oui, la Cage aux Folles, ce serait bien.

- REIYEL !!!

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[1] Asuka : vivi, il était avec la femme ET le mari ce soir là...

Reiyel :  Je suis un sex symbol